Astuces · Données

Récupérer les photos d'un disque dur en panne (sans tout perdre)

Par GwenaëlFlash Informatique · Argenteuil5 min de lecture · 24 juillet 20264,9 · ~900 avis Google
Disque dur ouvert, plateau et bras de lecture visibles

Le disque qui se met à claquer, à cliqueter comme un petit moteur qui force. Ou l'ordinateur qui démarre et ne trouve plus rien : plus de photos, plus de dossiers, comme si dix ans de votre vie avaient disparu d'un coup. Je vois arriver ces gens-là régulièrement à l'atelier, souvent au bord des larmes, parce que ce qui est coincé là-dedans, ce ne sont pas des fichiers : ce sont les photos des enfants, un mariage, des années de travail.

Alors je vais vous dire la chose la plus importante tout de suite : dans la plupart des cas, ce n'est pas perdu. Mais ce que vous faites dans les prochaines minutes compte énormément. Je vais vous expliquer calmement ce qui se passe dans un disque, le geste qui sauve vos données, et comment je m'y prends pour récupérer ce qui peut l'être.

Le réflexe qui sauve vos données

Éteignez la machine, et ne la rallumez pas « juste pour vérifier ». C'est le seul geste vraiment important. Chaque redémarrage, chaque nouvelle tentative peut transformer une panne récupérable en perte définitive. Un disque qui va mal, on le laisse tranquille, et on l'apporte tel quel. C'est le meilleur cadeau que vous puissiez faire à vos souvenirs.

Ce qui se passe dans un disque en panne

Il y a deux grandes familles de disques, et elles ne tombent pas en panne de la même façon. Comprendre ça, c'est déjà comprendre pourquoi il ne faut pas insister.

Le disque dur classique (celui qui fait du bruit) est mécanique : à l'intérieur, des plateaux tournent très vite et une petite tête lit les données juste au-dessus, sans les toucher, à quelques cheveux de distance. Quand vous entendez des clics répétés, c'est souvent cette tête qui n'arrive plus à se placer. À chaque tentative, elle peut rayer le plateau, et une rayure, c'est de la donnée effacée pour de bon.

Le disque SSD (plus récent, silencieux, sans aucune pièce qui bouge) est électronique : pas de bruit, mais quand il lâche, c'est souvent brutal, du jour au lendemain il n'apparaît tout simplement plus.

Dans les deux cas, la règle est la même : moins on insiste, mieux c'est.

Les gestes qui aggravent tout, à ne surtout pas faire

Je le comprends, l'attente est insupportable quand vos souvenirs sont coincés là-dedans. Mais voici ce qui, à tous les coups, empire la situation :

  • Rallumer le disque en boucle « pour voir s'il remarche ». Chaque tour de plus use un peu plus un disque déjà fragile.
  • Lancer un logiciel de récupération trouvé sur internet sur le disque malade. Sur un disque mécanique qui va mal, ce genre d'outil le fait forcer pendant des heures, et c'est souvent ce qui l'achève.
  • Le fameux coup du congélateur. Ce mythe circule partout : il fait surtout entrer de l'humidité et de la condensation, qui abîment l'électronique. On n'en met pas dans le congélateur.
  • Ouvrir le disque soi-même pour « regarder à l'intérieur ». À l'air libre, une seule poussière suffit à rayer les plateaux. Ça se démonte en salle spéciale, pas sur la table de la cuisine.
  • Le secouer ou taper dessus. Ça ne débloque rien, ça déplace la casse.

Chaque manipulation « pour essayer » est un pari : c'est vos photos que vous jouez. Dans le doute, on éteint, et on n'y touche plus.

Ce que je fais à l'atelier

Quand vous m'apportez un disque, je ne me jette pas dessus pour « voir ». Je travaille dans l'ordre, et le premier geste protège vos données avant tout le reste :

  1. Je fais d'abord une copie de sécurité du disque entier. On appelle ça une image disque : une photocopie complète, secteur par secteur, sur un support sain. Ensuite, tout le travail se fait sur la copie, jamais sur votre disque fragile, qui peut lâcher à tout moment. (création d'une image disque : 40 €.)
  2. Je récupère les fichiers depuis cette copie. Photos, documents, vidéos : je remonte tout ce qui est lisible et je vous montre ce que j'ai retrouvé. (récupération de données : à partir de 60 €.)
  3. Je vous rends vos données sur un support neuf (clé ou disque externe), et on parle cinq minutes de sauvegarde, pour que vous ne reviviez jamais ça.

Ces deux prestations, comme le reste, ont leur tarif affiché sur la page prestations et tarifs : vous savez où vous allez avant de me confier quoi que ce soit.

Pour les cas les plus lourds (un disque mécanique très abîmé qui demande une ouverture en salle blanche, un labo spécialisé), je vous le dis clairement et je vous oriente vers le bon prestataire. Là, on est sur devis, mais vous saurez à quoi vous en tenir avant tout engagement.

Récupérable, ou vraiment perdu ?

La bonne nouvelle, c'est que la majorité des cas que je vois sont récupérables, surtout quand le disque a été éteint tôt et apporté sans avoir été bricolé. Un disque qui n'apparaît plus mais tourne encore normalement, un fichier effacé par erreur, un système qui refuse de démarrer : très souvent, tout est encore là, bien au chaud.

Et puis il y a les cas où le disque est vraiment mort : les plateaux rayés, l'électronique grillée au point qu'il n'y a plus rien à lire. Ça arrive. Et quand c'est le cas, je vous le dis franchement, plutôt que de vous facturer des heures d'espoir. Vous dire la vérité sur votre matériel, c'est mon métier autant que de le réparer.

Ça fait 14 ans que je répare des machines à Argenteuil, seul dans mon atelier, et des disques qu'on croyait fichus qui repartent avec toutes leurs photos, j'en vois plus souvent que vous ne l'imaginez. Le disque est éteint et vous voulez me l'apporter ? Prenez rendez-vous, on regarde ça vite.

Gwenaël — Flash Informatique
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